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Table de Shabbat

Pourquoi tresse-t-on le pain de Shabbat ?

6 août 20263 min de lecture
Pourquoi tresse-t-on le pain de Shabbat ?

Sur presque toutes les tables de Shabbat, un même pain doré attire le regard : la ‘halla, patiemment tressée avant d'être partagée. Mais pourquoi lui donner cette forme si particulière, plutôt qu'une simple miche ? Derrière ce geste ancien se devinent plusieurs significations, toutes tournées vers l'unité, la beauté et le sens du jour.

L'unité, brin après brin

La première lecture de la tresse est celle de l'unité. Plusieurs brins de pâte, d'abord séparés, s'entrelacent jusqu'à ne former qu'un seul et même pain. Beaucoup y voient l'image de la famille et du peuple juif rassemblés dans l'harmonie, le temps d'un repas partagé.

Selon la tradition, cette symbolique parle d'elle-même : ce qui était épars devient un tout. Il s'agit là d'une lecture avant tout symbolique, portée par la beauté du geste bien plus que par une obligation religieuse. C'est sans doute pour cela qu'elle touche autant : chacun peut y retrouver l'idée des siens réunis autour de la table de Shabbat. Rien n'oblige à y lire ce message ; mais il s'offre naturellement à qui prend le temps de regarder le pain avant de le rompre.

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Tresser la ‘halla, c'est réunir des brins séparés pour en faire un pain unique, à l'image du Shabbat.

Honorer la sainteté du jour

Tresser la ‘halla, c'est aussi une manière d'honorer la sainteté particulière du Shabbat. Toute la semaine, le pain reste simple, presque utilitaire. Le vendredi venu, la même pâte se transforme : on la travaille, on la façonne, on la rend belle et différente de celle des autres jours.

De nombreuses familles voient dans ce soin une façon délicate de rappeler que ce jour n'est pas comme les autres. On ne se contente pas de nourrir ; on prépare quelque chose de soigné, presque une parure, pour recevoir le Shabbat comme on accueillerait un invité d'honneur. C'est une attention discrète, une forme de respect tout en délicatesse.

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Six branches, douze pains

La forme de la tresse varie d'une maison à l'autre. L'usage le plus répandu compte trois ou quatre brins, mais certaines familles réalisent des ‘hallot à six branches. Deux pains ainsi façonnés totalisent alors douze branches.

Selon la tradition, ce nombre n'est pas choisi au hasard : il évoque les douze pains que l'on déposait chaque semaine sur la table du Temple. Poser deux ‘hallot sur la table de Shabbat devient ainsi une manière discrète de garder vivante la mémoire de ce geste très ancien. D'une génération à l'autre, chacun reprend les mêmes gestes, et la tresse relie le présent à une longue histoire.

Un tout harmonieux, jusque sur la table

On pourrait résumer ainsi : tresser la ‘halla, c'est unir plusieurs éléments pour créer un tout harmonieux. À l'image du Shabbat lui-même, qui rassemble la famille, apporte la paix et relie le matériel au spirituel, le geste transforme des brins séparés en un pain unique.

Cette beauté mérite d'être prolongée jusque sur la table. Un couvre-‘hallot en tissu délicat qui dévoile le pain au bon moment, un plateau à ‘hallot qui le met en valeur : autant d'attentions simples qui prolongent le soin donné à la pâte. Car la ‘halla tressée n'est pas seulement bonne à partager ; elle est aussi belle à regarder, et c'est déjà une manière d'honorer le jour.

Sources : la tresse de la ‘halla est une coutume (minhag) ; le rappel des douze pains renvoie aux pains de proposition (le'hem hapanim) déposés dans le Temple, évoqués dans le livre de Vayikra (Lévitique). Synthèse éditoriale Lyora Création — pour la pratique, référez-vous à votre rav.

O
Ophélie
Fondatrice de Lyora Création